Pendant près d’un quart de siècle, l’île de Montréal a été gouvernée par un soldat français du nom de Paul de Chomedey. Arrivé sur le continent américain pour propager la foi chrétienne, il a finalement fondé toute une ville. Grâce à Chomedey, la colonie de Ville-Marie s’est dotée de fortifications, de quartiers résidentiels et de lieux de culte. Le soldat français est devenu le véritable « père fondateur » de la cité qui sera plus tard rebaptisée Montréal. Découvrez sa vie et son œuvre de bâtisseur sur montrealski.
L’enfance de Paul de Chomedey
C’est dans la petite ville de Neuville-sur-Vanne, en Champagne, qu’est né en 1612 le futur fondateur de la grande métropole canadienne. Paul de Chomedey de Maisonneuve est issu d’une famille noble de Champagne. À l’âge de deux ans, son père lui a officiellement conféré le titre et le nom « de Maisonneuve ».
Le jeune homme a débuté sa carrière militaire très tôt, aux Pays-Bas, à l’âge de seulement 13 ans. En plus de l’art de la guerre, Paul de Chomedey y a appris à jouer d’instruments de musique, notamment du luth. Quelque temps plus tard, il a commencé à prendre part aux guerres européennes.

Le voyage vers la Nouvelle-France
Dans les années 1630, Paul s’est enflammé du désir de participer à la colonisation des terres du continent américain. Après avoir lu les « Relations des Jésuites », il a décidé de prêcher et de propager la religion chrétienne en Nouvelle-France. Il a fait la connaissance de Jérôme Le Royer de La Dauversière, qui dirigeait la Société de Notre-Dame de Montréal, et a reçu de lui la mission de fonder une communauté sur l’île de Montréal.
Le groupe de colons navigateurs a quitté un port français en 1641. Pendant la traversée, le navire a essuyé plusieurs tempêtes et le groupe a perdu trois personnes, dont un médecin essentiel à l’équipage.
La fondation de la ville
Chomedey et ses compagnons sont arrivés en Nouvelle-France. En mai 1642, il a officiellement fondé une nouvelle colonie sur l’île de Montréal, qui fut baptisée Ville-Marie. L’idée était que cette colonie devienne avant tout un « modèle de cité chrétienne », fondée dans le but de christianiser les peuples autochtones.

Selon une étude historico-biographique de la région qui a été conservée, dès 1643, la petite ville disposait déjà d’un système de fortifications, d’un port sur le fleuve Saint-Laurent, ainsi que d’une grande croix au sommet du mont Royal. Cette dernière fut érigée par Paul de Chomedey lui-même pour célébrer la fondation de Ville-Marie.
Le développement de Montréal et le rôle de Paul de Chomedey
Le soldat français a eu l’occasion de devenir gouverneur de la Nouvelle-France, mais il a décliné l’offre du roi. Au cours des années 1650, il a défendu la ville contre les raids des Iroquois, un peuple autochtone qui s’opposait à la colonisation. Chomedey est retourné dans sa patrie pour recruter une centaine de volontaires.
Il faut dire qu’à cette époque, la population de Ville-Marie était très faible. Ce sont précisément ces Français qui se portaient volontaires pour défendre la ville qui en devenaient les habitants. Progressivement, la colonie s’est agrandie, de nouvelles habitations et des structures défensives ont été construites pour repousser les attaques.

Le retour en France
En 1663, la colonie est passée sous la tutelle directe du roi. Paul de Chomedey n’a pas réussi à s’entendre avec le nouveau gouverneur. À l’âge de 53 ans, il a reçu l’ordre de retourner en France. Il ne se doutait pas alors qu’il ne reverrait jamais Montréal.
Le militaire s’est installé à Paris. Il est décédé à l’automne 1676 et a été inhumé près de l’église de l’abbaye Saint-Étienne. Paul de Chomedey n’a jamais fondé sa propre famille et n’a laissé aucun descendant de la lignée de Maisonneuve. Cependant, le souvenir du fondateur de Montréal perdure à travers les siècles. Il a gouverné la ville pendant 24 ans. De nombreux monuments lui rendent hommage, et des rues, des ponts, des musées et d’autres lieux de la ville portent son nom. Dans le Vieux-Montréal, la résidence du fondateur de la ville a été préservée.