Dans les années 1930, un enfant prodige de la musique est né à Montréal. Il était tellement extraordinaire qu’on l’a surnommé « le Mozart québécois ». Il s’appelait André Mathieu et était un pianiste incroyablement doué. Il a composé son premier concerto avant même d’avoir six ans. Un an plus tard, à l’âge de sept ans, il se produisait déjà à Paris. Après ces concerts, le célèbre compositeur et pianiste Sergueï Rachmaninov l’a qualifié de génie, doté d’un talent encore plus grand que le sien.
De plus, on raconte que Rachmaninov s’est agenouillé devant lui et lui a dit qu’André était le seul à pouvoir prétendre au titre de son successeur. Pour plus de détails, consultez montrealski.net.
Enfance et études

Dès son plus jeune âge, André Mathieu fait preuve d’un talent exceptionnel pour le piano et la composition. La découverte de ces capacités chez son très jeune fils incite son père, Rudolf, à lui donner ses premières leçons. Et ce n’est pas le seul fait de sa biographie qui permet de faire le parallèle avec le grand Wolfgang Amadeus Mozart.
Mais commençons par le commencement. André Mathieu est né à Montréal le 18 février 1929. Comme Mozart, il reçoit ses premières leçons de musique de son père et compose déjà de petites pièces à l’âge de quatre ans. À propos de Mozart, le critique Noel Strauss du New York Times écrivait à l’époque que même le plus grand prodige musical de tous les temps avait commencé à composer de la musique à l’âge de quatre ans seulement, et que ses premières pièces étaient beaucoup plus simples sur le plan mélodique que celles du jeune Canadien.
André, comme Mozart, étonne le public par ses talents de pianiste virtuose dès son plus jeune âge. Par exemple, à l’âge de six ans, le garçon donne déjà des concerts à l’hôtel Ritz-Carlton de Montréal. Et ce n’est pas tout : un an plus tard, Mathieu se produit aux salles Chopin-Pleyel et Gaveau à Paris, et au Carnegie Hall de New York à l’âge de dix ans.
André Mathieu a étudié la composition d’abord à Paris, puis à New York, et après la Seconde Guerre mondiale, à nouveau dans la capitale française. La plupart de ses œuvres sont de courtes pièces pour piano. Cependant, seules environ un quart des compositions connues ont été retrouvées, soit plus de deux cents œuvres. Il reste encore beaucoup de recherches à faire, car Mathieu a atteint le sommet de sa gloire vers 1950, alors qu’il avait un peu plus de vingt ans.
Une maîtrise virtuose

Pendant un an, il étudie la composition avec Arthur Onegger et le piano avec Jules Gentil. L’année suivante, il écrit son troisième concerto pour piano « romantique ».
L’un de ses talents les plus remarquables est sa capacité à composer de la musique. À l’âge de quatre ans, le jeune André compose trois études pour piano. À la même époque, il donne un concert exclusivement composé de ses propres compositions au Ritz-Carlton, un événement qui fait sensation.
Au début de 1936, il se produit en soliste dans son propre Concertino no 1 à la radio de Radio-Canada avec l’orchestre dirigé par J.-J. Gagné. Le gouvernement du Québec le reconnaît en lui accordant une bourse pour se rendre à Paris afin d’améliorer son jeu au piano. Là, il a pour professeurs Yves Nath et Madame Giraud-Latarz, et il étudie l’harmonie et la composition avec Jacques de la Presle.
En décembre 1936, André donne un concert à la salle Chopin-Pleyel. Sa prestation est ovationnée par le public et la critique parisienne. Trois ans plus tard, il se produit à nouveau à Paris, cette fois à la salle Gaveau. Après le concert, le critique Emile Huillermoz écrit que si le mot « génie » a un sens, il doit s’appliquer au jeune Mathieu. Le Montréalais n’a que dix ans à l’époque et, comme le notent les experts, Mozart n’a rien créé de tel à cet âge.
L’été suivant, Mathieu revient à Montréal pour se reposer, mais la guerre l’oblige à rester en Amérique du Nord. Il ne reste pas inactif : il donne plusieurs concerts en solo au Canada et fait des débuts remarqués à l’hôtel de ville de New York.
Mathieu et sa famille s’installent à New York, où il poursuit ses études de composition avec Harold Morris. Parallèlement, il exécute de nombreuses commandes de concert et de radio. En 1941, il crée son Concertino no 2 à Montréal avec l’Orchestre symphonique de Montréal. La même année, son œuvre remporte le premier prix du concours des jeunes compositeurs de l’Orchestre philharmonique de New York, organisé à l’occasion de son centenaire.
La récompense est de 200 $. Mathieu interprète cette œuvre le 21 février 1942 au Carnegie Hall, puis peu après avec la National Orchestral Association à New York. De plus, le musicien interprète ses compositions lors d’un concert de la Ligue des compositeurs.
En 1943, André Mathieu revient à Montréal. Il donne de nombreux concerts au cours desquels il interprète des œuvres de Bach, Beethoven, Chopin, Debussy, Liszt, Ravel et ses propres compositions. En novembre 1945, il donne un concert de ses nouvelles œuvres, dont la Sonate pour violon et piano, à l’hôtel Windsor.
À l’automne 1946, après la fin de la guerre, André Mathieu retourne à Paris.
Une fin tragique

Dans les années qui suivent, la carrière de Mathieu décline, bien qu’il continue à composer et à se produire. Malgré son enseignement, il a de plus en plus recours à l’exhibitionnisme musical lors de ses concerts, participant à des « marathons de piano » qui font l’objet d’une forte promotion, mais déçoivent ceux qui voient en lui un talent exceptionnel.
Ses admirateurs s’inquiètent du fait que, malgré sa jeunesse et ses capacités, son talent ne s’est pas développé davantage. Mathieu possède d’indéniables qualités de pianiste — la presse canadienne et européenne en parle unanimement, ce que confirment ses quelques enregistrements. En tant que compositeur d’âge mûr, il s’oriente vers l’école romantique tardive de Rachmaninov. Cependant, ses premières œuvres font preuve d’une fraîcheur et d’une originalité qu’il ne parviendra pas toujours à atteindre par la suite.
Plus tard, Mathieu a souffert d’alcoolisme et a été contraint de faire des « marathons de piano » pour subvenir à ses besoins. On l’a appelé le « dernier romantique » parce que son style émotionnel ne correspondait pas aux tendances modernistes. Vers la fin de sa vie, il était dans un tel état de misère qu’il essayait de payer ses boissons avec des billets, persuadant les barmans qu’il deviendrait un jour millionnaire. André Mathieu meurt dans la misère en 1968, à l’âge de 39 ans.
L’héritage créatif du musicien et compositeur

Après sa mort, André Mathieu a laissé un héritage musical impressionnant. Certains critiques ont estimé qu’il était trop influencé par Rachmaninov, tandis que d’autres ont estimé qu’il était un virtuose sous-estimé et un véritable poids lourd de la composition.
En 1976, la chanson de bienvenue et le thème musical officiel des Jeux olympiques de Montréal ont été arrangés à partir d’extraits de ses œuvres. La même année, la Fondation André Mathieu est créée pour promouvoir sa musique et faire connaître son œuvre au public. Parallèlement, on commence à préparer l’édition finale de son legs.
Dès 1942, le Club André Mathieu est créé à Troyes-Rivières sous la tutelle d’Anaïs Allard-Rousseau. Cette femme cherchait à encourager les jeunes à jouer de la musique — plus tard, ce club a été intégré à l’organisation Jeunesse et Musique Canada.
En 1979, le Cégep Montmorency de Laval ouvre la salle André-Mathieu, qui sera reprise par la Corporation de la salle André-Mathieu pour développer la vie socioculturelle de la ville.
Aujourd’hui, le nom d’André Mathieu revient peu à peu dans la mémoire culturelle du Québec. Sa musique, pleine de passion, de lyrisme et de drame intérieur, est à nouveau jouée dans les salles de concert et nous rappelle l’incroyable talent de celui que l’on appelait autrefois le » Mozart québécois « . Il a quitté le monde trop tôt, mais ses mélodies vivent encore — dans le cœur de ceux qui entendent leur sincérité, leur douleur et leur beauté.
Sources :