Les tombes des stars sur Notre-Dame des Neiges

Le plus grand cimetière du pays, Notre-Dame-des-Neiges, est le lieu de repos de près d’un million de défunts, dont de nombreuses personnalités publiques, acteurs célèbres, chanteurs, comédiens, etc. En ce sens, il joue un rôle important de gardien de la mémoire nationale, rôle qui lui vaut son statut de monument historique national du Canada. En effet, contrairement à Paris, par exemple, où il existe un « quartier des stars » distinct, le Père-Lachaise, il n’y a pas à Montréal de lieux spéciaux où seraient enterrées exclusivement des personnes célèbres et fortunées.

Cependant, c’est précisément Notre-Dame-des-Neiges qui remplit ce rôle, car c’est dans ce cimetière que se trouvent la plupart des sépultures célèbres.  Parmi eux, on peut citer des personnalités telles que Camille Houde, maire de Montréal pendant de nombreuses années, le légendaire hockeyeur Maurice « Rocket » Richard, la star du jazz et de la chanson Alys Robi, le célèbre comédien Olivier Guimond. Mais pour plus de détails, consultez le site : montrealski.net.

Fondation du plus grand cimetière

Au XIXe siècle, la plupart des cimetières dans le monde étaient construits à proximité des églises. Cela permettait aux fidèles de prier pour les défunts. L’un des premiers cimetières de Montréal était situé près de la basilique Notre-Dame.

En 1799, pour des raisons d’hygiène et d’espace limité, La Fabrique de la paroisse Notre-Dame de Montréal a fermé ce cimetière et en a ouvert un nouveau, appelé Cimetière Saint-Antoine. Il a été aménagé à l’emplacement de l’actuel Dorchester Square. Cependant, en 1853, le conseil municipal de Montréal a pris une décision interdisant les inhumations dans les limites de la ville. Cela a contraint les organisateurs du cimetière à le déplacer.

En 1854, la Fabrique de la paroisse Notre-Dame de Montréal a acheté un terrain sur le mont Royal, en Côte des Neiges, au docteur Pierre Bobien. C’est sur ce terrain qu’a été créé le cimetière dit « jardin » à la française. Le projet initial a été conçu par l’architecte paysagiste Henri-Maurice Perrot. Il a étudié les cimetières ruraux de Boston et de New York, et le cimetière Notre-Dame des Neiges devait donc imiter leur style.

La première inhumation dans ce cimetière a finalement eu lieu en 1855. En mai, une Irlandaise de 35 ans, Jane Gilroy, y fut inhumée.

Inspiré par la conception du cimetière du Père-Lachaise à Paris, le premier architecte de Notre-Dame des Neiges a cherché à trouver un équilibre entre le style classique du cimetière et le respect de l’environnement. Il a ainsi réussi à concevoir un cimetière monumental romantique avec des allées bordées d’arbres.

Henri-Maurice Perrot a conçu le plan et tracé des sentiers sinueux et accidentés qui confèrent au lieu une atmosphère romantique. Perrot était d’ailleurs le neveu de John Ostell, l’architecte le plus célèbre de Montréal à l’époque. C’est Ostelle qui, en 1877-1878, a conçu les premiers bâtiments du cimetière, notamment l’église qui est devenue le mausolée de Sainte-Claire d’Assise, la chapelle et le pavillon administratif.

Victor Bourgeois est un autre architecte renommé qui a laissé son empreinte dans la conception de Notre-Dame-des-Neiges. Il a participé à la construction de la porte monumentale originale sur la Côte des Neiges, qui a été modifiée en 1926. Victor Bourgeois a également participé à la construction de deux maisons voisines.

Aménagement du cimetière

L’emplacement du cimetière sur la montagne revêt une importance symbolique considérable pour les catholiques. En effet, dans le catholicisme, cela donne l’espoir d’une résurrection promise. Dans l’ensemble, le paysage qui forme le cimetière est assez complexe, on peut le diviser en trois zones. La première, plate, où se trouve l’entrée principale depuis la route de la Côte des Neiges. On y trouve une croix centrale avec deux anges dorés de chaque côté au-dessus de la place, entourée d’arbres.

La deuxième zone du cimetière est un plateau situé au sommet d’une pente. C’est là que se trouvent la chapelle et le pavillon administratif. Conformément à la tradition des cimetières monumentaux, des rangées d’arbres ont été plantées le long du bord de la route. Ce plateau s’élève jusqu’aux points culminants d’Utrémont et de Montréal.

La dernière zone conditionnelle est le sommet du cimetière. Elle se caractérise par un design typique de la Nouvelle-France, le chemin de croix menant au Calvaire, que de nombreux historiens de l’époque comparaient à la montagne sacrée, c’est-à-dire à l’âme chrétienne métaphorique qui aspire à se rapprocher de Dieu.

Tous les itinéraires et sections principaux et originaux, ainsi que les bâtiments importants, tels que la chapelle Notre-Dame de la Résurrection et le pavillon administratif, ont été construits au cours des 50 premières années d’existence du cimetière. Il est intéressant de noter qu’entre 1875 et 1900, le développement de la société et de la ville s’est reflété de manière très éloquente dans les parcelles créées et réservées à certaines communautés culturelles dans le cimetière, ainsi que dans l’érection de monuments majestueux sur les tombes.

L’entrée originale du cimetière a également été modifiée et remplacée par la porte monumentale de Victor Bourgeois.  Elle a été construite en pierre, mais elle s’est détériorée au fil du temps et a été partiellement démolie en 1926. Ce n’est qu’en 1998 que le cimetière a été doté d’une porte conçue par les architectes du cabinet Faucher Aubertin Brodeur Gauthier Architectes, avec une arche métallique, qui est toujours en place aujourd’hui.

Sections pour les communautés

Les vagues d’immigration qui ont commencé dans la seconde moitié du XIXe siècle ont obligé les cimetières à s’adapter et à accueillir correctement les nouveaux arrivants. Notre-Dame-des-Neiges a été ouvert à différentes communautés chrétiennes dès sa création.

Les changements démographiques à Montréal ont conduit à la création de sections dans le cimetière pour les communautés qui souhaitent être ensemble dans leur dernière demeure. La première section, créée en 1894, était destinée à l’Union nationale française, puis en 1917 à la Mission catholique chinoise. Aujourd’hui, il existe des sections pour les communautés japonaise, ukrainienne, polonaise, italienne, portugaise, serbe et autres.

Actuellement, le cimetière Notre-Dame-des-Neiges abrite près d’un million de défunts, parmi lesquels beaucoup ont laissé leur empreinte dans l’histoire de la métropole, dans les domaines de l’art, des sciences, de la politique, de l’histoire, de l’architecture et des affaires. On considère généralement que ce cimetière concentre le plus grand nombre de sépultures célèbres.

Par exemple, environ 20 maires de Montréal y sont enterrés, notamment Camille Ouda, Jean Drapeau et le vénérable Alphonse Desjardins. On y trouve également la dépouille de la célèbre féministe, militante et professeure Idola Saint-Jean. À Notre-Dame-des-Neiges, on peut voir les monuments aux pères de la Confédération, Sir Georges-Étienne Cartier et Thomas d’Arcy McGee, à la sénatrice et première femme chef de parti Thérèse Casgrain, au premier ministre du Québec Robert Bourassa et à bien d’autres.

Les tombes de ceux qui ont laissé  leur empreinte  dans l’histoire

De nombreuses personnalités du monde artistique sont également enterrées ici. La célèbre chanteuse et compositrice québécoise Marie « La Bolduc » Travers, l’auteur Émile Olivier, l’actrice et cofondatrice du Théâtre du Rideau Vert Yvette Brindamour, l’artiste Jean-Paul Riopel, le dramaturge Gratien Guélinas, l’imprésario René Angélil, l’écrivaine Alice Parizot, le chanteur d’opéra Joseph Rouleau et bien d’autres.

De nombreux sportifs ont également choisi Notre-Dame-des-Neiges comme dernière demeure, notamment le hockeyeur Maurice Richard « La Raclette », le copropriétaire des Canadiens de Montréal Léo Dandurand, le lutteur professionnel Jean « Johnny » Rougé et l’animateur radio René Lecavalier.

Cette liste pourrait être longue. Il y a tellement de célébrités à Notre-Dame-des-Neiges qu’un guide spécial est vendu ici : « Liste des personnes inhumées au cimetière qui ont marqué l’histoire de notre société ». Il indique leurs lieux de sépulture et coûte 5 dollars américains.

Sources :

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