Poète novateur montréalais, et opéra pop en son honneur

Émile Nelligan est originaire de Montréal. Il est l’un des personnages littéraires les plus romantiques du Québec, mais aussi l’un des plus tragiques. Ses mots et sa vie sont devenus légendaires dans le Québec francophone. Émile a fait une entrée fracassante sur la scène littéraire à la fin du XIXe siècle, à l’âge de 19 ans, en transformant le contenu et la structure de la littérature québécoise, la faisant passer de la convention à l’introspection lyrique et expérimentale.

Plus tard, son séjour dans un hôpital psychiatrique a suscité une admiration sans fin pour sa vie et son état intérieur. Il n’est donc pas surprenant que cet homme ait inspiré la création d’opéras, de pièces de théâtre et de films. Pour en savoir plus sur l’un d’entre eux, rendez-vous sur montrealski.net.

La composition musicale la plus célèbre

La vie tragique d’Émile Nellygan, l’un des poètes canadiens les plus célèbres du XIXe siècle, a fait l’objet de plusieurs projets artistiques contemporains. Et ce n’est pas un hasard, car son destin suscite l’admiration et la réflexion tant chez les créateurs que chez les auditeurs. En effet, né en 1879, Nellygan est entré à l’École littéraire de Montréal à l’âge de 17 ans et, à 19 ans, il avait déjà écrit un nombre considérable d’œuvres poétiques, après quoi ses parents l’ont placé dans un hôpital psychiatrique. Les raisons de cet acte restent encore inconnues à ce jour. Mais le jeune homme est resté à l’hôpital pendant 40 ans et n’a plus jamais écrit un seul vers.

L’une des œuvres musicales les plus célèbres consacrées au poète montréalais Émile Nelligan est l’opéra pop Nelligan, dont la première a eu lieu en 1990. La particularité de cette œuvre musicale réside dans le fait que sa partition est qualifiée de pop-opéra et repose sur une base classique. De plus, elle mélange plusieurs genres musicaux, notamment la musique pop et des éléments du théâtre musical, c’est-à-dire de la comédie musicale.

Il n’est donc pas surprenant que la distribution de ce spectacle soit composée de 15 acteurs vedettes, qui sont également chanteurs et chanteuses. Ce sont eux qui ont donné vie aux aspects émotionnels et contextuels de l’histoire de Nelligan. Cette œuvre musicale a été écrite par des icônes franco-canadiennes : la musique est d’André Gagnon et le livret de Michel Tremblay.

La première de la version complète opératique à reçu des critiques élogieuses. Mais il existe une autre version, magnifiquement arrangée pour deux pianos et violoncelle par Anthony Rosankovich. Cette version de l’œuvre possède un caractère intimiste qui séduit. Dans l’ensemble, l’écouter donne l’impression que les personnages livrent leurs pensées les plus secrètes.

Certains spécialistes affirment que la partition ne rend pas tout à fait compte de l’intensité émotionnelle de la vie de Nellygan, mais les éléments de retenue, de mélancolie, de détermination et d’émotion qui s’en dégagent, ainsi que les magnifiques mélodies, compensent sans aucun doute le manque d’émotions authentiques et brutes. Le livret de Michel Tremblay est à la fois puissant et élégant. Il démontre de manière frappante la restriction sociale de la liberté artistique et de l’orientation sexuelle, les penchants exploratoires des jeunes artistes et les tensions linguistiques au sein de la famille bilingue des Nelligan.

Il est intéressant de noter que Tremblay a choisi de représenter deux Émile : un jeune homme entièrement absorbé par la poésie et un homme beaucoup plus âgé qui finit ses jours à l’hôpital. Dominique Côté et Marc Hervié incarnent ces deux personnages de manière tout simplement époustouflante. Leur interprétation poignante d’un des airs, dans lequel s’insèrent les chants des religieuses, est un magnifique exemple de la puissance artistique de cet opéra.

Kathleen Forten, quant à elle, était très touchante dans le rôle d’Emily Yudon, la mère de Nelligan. Le puissant ensemble instrumental, composé d’Esther Gontier, qui dirigeait et jouait du piano, Rosalie Asselin au piano et Chloé Dominguez au violoncelle, a encore accentué le lyrisme et la fougue de la musique, qui se marient assez naturellement et en douceur avec une sensibilité parfaite.

Jeunesse et formation

Quelques mots sur la biographie du jeune prodige de la poésie montréalaise. Émile Nelligan a passé toute sa vie à Montréal. Au cours de sa vie, il n’a quitté la ville que quelques fois. On sait qu’il passait ses vacances d’été à Cacouna, une municipalité située sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, et qu’il a fait une fois un voyage en mer, mais on sait peu de choses sur ce voyage.

Émile Nelligan a étudié à l’École Olier de 1886 à 1890, puis à Mont Saint-Louis de 1890 à 1893, et enfin au Petit Séminaire de Montréal de 1893 à 1896, où il a obtenu son diplôme. En outre, après être entré au Collège Sainte-Marie en septembre 1896, il a été admis, Émile l’a quitté en mars 1897. Pendant ses études, il se lie d’amitié avec Louis Danten et Arthur de Bussières, et en février 1897, il est élu membre de l’École littéraire de Montréal et commence à écrire des poèmes avec beaucoup d’enthousiasme.

Le premier poème écrit par Émile Nellygan, intitulé Rêve fantasque, fut publié dans Le Samedi à l’été 1896. À l’époque, le jeune poète écrivait sous le pseudonyme d’Émile Kovar. D’autres poèmes parurent dans les journaux Le Monde illustré, Alliance nationale et Le Petit Messager du Très-Saint-Sacrement.

Émile Nelligan aimait lire ses collègues poètes. C’est ainsi qu’il découvrit Lamartine, Hugo et Milléva, Verlaine, Baudelaire et Pierre Dupont, Rodenbach et Rollian, Catulle Mendès, Heredia et Leconte de Lisle, ainsi que d’autres poètes parnassiens. Émile ne négligeait pas non plus les poètes symbolistes, tels que Sully Prudhomme, Théodore de Banville, Albert Samain et Arthur Rimbaud. De plus, le jeune homme était tout simplement fasciné par l’univers sombre d’Edgar Allan Poe.

Style et thèmes

Il convient également de noter qu’Émile Nelligan récitait brillamment ses propres poèmes. Il s’est particulièrement distingué lors de plusieurs réunions de l’École littéraire de Montréal. De plus, lors de sa dernière rencontre, qui a eu lieu au château de Ramezay à la fin du mois de mai 1899, il aurait été inégalable. Le jeune poète y récita avec beaucoup de force son « Roman du vin ». Ce poème, tout comme son inoubliable « Chanson d’or », contribua grandement à sa renommée presque légendaire.

Le 9 août 1899, épuisé, malade et souffrant de troubles mentaux, Nelligan a été admis à l’hôpital Retraite Saint-Bénoît. En 1925, il a été transféré à l’hôpital Saint Jean de Dieu, où il est resté jusqu’à sa mort.

On sait aujourd’hui que l’œuvre d’Émile Nelligan comprend environ 170 poèmes, parmi lesquels des sonnets, des rondelles, des chansons et des poèmes en prose, tous empreints d’un lyrisme saisissant. La voix du poète restait toutefois triste et nostalgique, oscillant entre le thème du temps qui passe et une vision hallucinatoire du monde. Transmise par la prosodie traditionnelle, l’imagerie d’Émile Nelligan atteint souvent le symbolisme et témoigne toujours d’une perception aiguë de son propre moi. Elle laisse également transparaître les souffrances du cœur, une vie prématurément figée, un sentiment de solitude, une fascination pour la mort, le triste destin du poète en tant qu’homme et artiste.

Innovateur en poésie

Le style de Nelligan est novateur pour son époque. Il est libre des contraintes formelles de la poésie, s’exprime avec aisance et fluidité, nuance et sens musical. Aux thèmes patriotiques, très en vogue dans la poésie de l’époque, Nelligan oppose la pleine expression de son univers intérieur.

Ses œuvres ont été rassemblées par Louis Danten et publiées en 1904. Les trois éditions suivantes ont été publiées en 1925, 1932 et 1945. En 1952, Luc Lacourcier a publié une édition critique de l’œuvre, qui a été rééditée en 1958, 1966 et 1974. Deux éditions de luxe ont vu le jour en 1967 et 1979.

Pour en revenir à l’opéra pop « Nelligan », il est considéré comme l’une des productions les plus ambitieuses jamais entreprises par l’Opéra de Montréal.

Sources :

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