L’infirmière qui a soigné une ville entière : l’histoire de Jeanne Mance, fondatrice du premier hôpital de Montréal

Parmi les fondateurs de la ville de Montréal, une femme du nom de Jeanne Mance mérite une attention particulière. C’est elle qui a fondé le premier hôpital de la ville. En tant qu’infirmière, elle s’occupait seule de tous les patients, cherchant constamment des fonds pour agrandir l’établissement et développer la médecine dans la ville. Découvrez la vie de Jeanne Mance et son rôle dans l’histoire de Montréal sur montrealski.

Enfance, jeunesse et vocation missionnaire

Jeanne Mance est née à l’automne 1606 à Langres, en France. Sa famille était issue de la haute bourgeoisie. Son père était procureur en Bourgogne. La mère de Jeanne est décédée assez jeune, et la jeune fille a dû élever seule ses onze frères et sœurs cadets. C’était une période difficile en Europe, marquée par la guerre de Trente Ans et des épidémies de peste qui frappaient presque tous les foyers.

À l’âge de 34 ans, Jeanne a décidé de consacrer sa vie à une vocation missionnaire, une vocation qu’elle a ressentie lors d’un pèlerinage à Troyes, en Champagne. Peu après, elle est partie pour le continent américain avec des sœurs religieuses. À cette époque, son pays menait ses premières entreprises de colonisation en Nouvelle-France, une initiative soutenue par la famille royale. Jeanne a rejoint la Société de Notre-Dame de Montréal, dont la mission était de convertir au christianisme les peuples autochtones de la Nouvelle-France.

Photo : pacmusee.qc.ca

Mission : un hôpital sur l’île de Montréal

Jeanne Mance s’est rendue au Québec en suivant les religieuses Ursulines. Son navire a quitté le port de La Rochelle au printemps 1641. La traversée de l’océan Atlantique a duré plus de trois mois. Elle est arrivée sur l’île de Montréal avec le groupe du militaire Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve, considéré comme le fondateur de la ville.

Photo : le-verbe.com

Jeanne Mance faisait partie de ceux qui ont posé les premières pierres de la nouvelle ville, un événement qui a eu lieu en 1642. Immédiatement après, elle s’est attelée à la construction d’un hôpital. Au début, Jeanne a travaillé comme infirmière depuis sa propre maison, et ce pendant plus de trois ans.

En 1645, Jeanne a reçu un don d’Angélique de Bullion pour la construction de l’hôpital. Avec ces six mille francs, elle a commencé à ériger le bâtiment, le futur Hôtel-Dieu, sur la rue Saint-Paul. Jeanne Mance s’est occupée de l’hôpital et de ses patients pendant 17 ans.

Elle fournissait souvent elle-même les soins médicaux aux nécessiteux. Ce n’est qu’en 1657 que trois autres collaboratrices sont venues la rejoindre. La population de la ville augmentait constamment, tout comme les besoins des patients. L’hôpital nécessitait des améliorations. En 1688, un bâtiment en pierre fut construit pour l’établissement.

Voyages dans sa patrie

L’infirmière cherchait constamment des fonds pour améliorer les conditions de sa clinique, principalement auprès de donateurs en France. Elle a effectué son premier voyage en 1650. Elle a alors réussi à obtenir 22 000 livres de la part de familles aisées. Cependant, Jeanne Mance a par la suite décidé de donner une grande partie de cet argent à Paul de Chomedey pour la défense de la ville contre les attaques des autochtones.

Sept ans plus tard, Mance est retournée une deuxième fois dans sa patrie. Sur le chemin du retour, elle a dû soigner trois sœurs du monastère de La Flèche. Une épidémie de peste s’était déclarée à bord. Malgré les difficultés, les femmes sont arrivées à Montréal en 1659. Heureusement, toutes ont survécu.

Grâce au travail des nouvelles infirmières et à l’argent des bienfaiteurs, la situation de l’hôpital s’est améliorée. L’œuvre de Jeanne Mance vivait et se développait. Dans les années 1670, elle a été frappée par une grave maladie. En 1673, l’une des cofondatrices de Montréal est décédée. Elle a été inhumée dans l’église de l’hôpital. Plusieurs siècles plus tard, l’hôpital de la ville a été déménagé au pied du mont Royal.

En l’honneur de Jeanne Mance, une rue et un parc ont été nommés à Montréal, où se trouve également une statue à son effigie. Dans la capitale du Canada, un édifice du ministère de la Santé porte son nom, ainsi qu’une résidence de l’Université du Vermont, située près d’un centre de santé.

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